Le secret de la connaissance divine : le mariage
Pour les initiés, la véritable connaissance, la gnose, n’est pas seulement intellectuelle, extérieure, superficielle, mais résulte d’une union, d’une fusion,d’une identification entre le connu et le connaisseur. La connaissance suprême est celle de Dieu puisque Dieu est Tout en Tout, il est le suprême mystère.
Lorsque les initiés disaient : « Homme, connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et Dieu « , ils faisaient allusion à cette connaissance suprême, la connaissance de soi, ou du Soi, du Je-suis divin, de la source de la création, du Verbe créateur, de l’individualité, de l’esprit divin. Cette connaissance est le produit du mariage mystique entre la personnalité du disciple et l’esprit pur, ce qui engendre l’illumination intérieure et fait participer être au mystère de l’absolu.
Ce Verbe créateur, ce Je-Suis, cette individualité divine, le maître St.-Jean, ainsi que le prêtre d’Osiris, Moïse disent qu’il était dans le Principe, qu’il était le Principe dès le commencement des temps. C’est par lui que tout a été engendré, il est le Père de la création. Et voilà que dans la fête initiatique de la Pentecôte, le principe divin s’unit avec la créature pour ne faire qu’un par le lien sacré du mariage.
Pour que le mariage soit possible, il faut un principe masculin et un principe féminin. Dans l’enseignement de la tradition cosmique et kabbalistique, ces deux principes sont symbolisés par l’arbre de la connaissance du bien et du mal, du positif et du négatif. Pour obtenir la connaissance divine, l’humanité a goûté les fruits de cet arbre des deux principes, c’est-à-dire qu’elle les a séparés. En effet, la connaissance n’est possible que par la comparaison.
Dans la genèse, après que l’humanité originelle ait goûté le fruit de l’arbre de la connaissance, de l’arbre des échanges et du mariage, les Élohim, qui sont les fils et les filles de Dieu des règnes angéliques qui composent la hiérarchie du Christ, ont dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi du fruit de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours » . L’homme est devenu semblable aux Élohim, parce qu’il est apparu dans le monde manifesté ; il est né d’un père et d’une mère et porte en lui l’image divine. Il est sorti du sein de l’unité pour pénétrer dans le chemin de l’initiation, symbolisé par la connaissance des deux principes. Cette descente de l’homme dans le monde de la dualité, de la matière se produit chaque fois qu’une âme s’incarne sur le plan physique. En fait, c’est une histoire qui concerne chacun personnellement, dans le présent. Etre sur le chemin de l’initiation consiste à chercher et trouver la porte qui mène à l’arbre de vie pour goûter de ses fruits et connaître la vie éternelle, la vie divine. L’initiation de la Pentecôte symbolise justement le moment où le disciple reçoit la vie éternelle, et parvient à se nourrir dans le monde de la lumière infinie. Mais pour en arriver à cette union, il doit parcourir tout un chemin initiatique qui le rendra apte à réaliser ce mariage sacré sans dommage. Tout le monde n’est pas prêt pour cette initiation et c’est pour cela que le maître Jésus dit : « On ne met pas du vin nouveau dans des outres anciennes. « Le vin symbolise l’ Esprit – Saint et les outres la personnalité du disciple. De même un célibataire dit : « Je n’ai pas encore trouvé chaussure à mon pied. «Cette expression populaire en dit long sur le mariage et sur l’initiation. La personnalité de l’homme, qui est destinée à être le vêtement de l’esprit divin, doit être préparée pour supporter et concevoir correctement la manifestation divine en elle.