Marche silencieuse dans la nature

Tu peux te promener dans la nature tout en t’éveillant à travers toutes les perceptions. Il te faut rechercher un contact vivant, un échange harmonieux et bienfaisant avec les forces spirituelles de la nature. C’est uniquement par les pieds que tu peux véritablement établir un contact intérieur et spirituel avec la Terre-Mère.

Lorsque tu te promènes, tu dois progressivement laisser de côté toutes les préoccupations de ta vie quotidienne.

C’est là une occasion unique de te vider de toutes tes activités physiques, mentales et émotionnelles pour être entièrement disponible au nouveau, à l’être véritable, naturel en soi.

L’état naturel de l’homme, c’est la joie, la félicité, l’illumination. Tout en marchant et en s’observant marcher, il faut laisser ce naturel venir au galop. Il est important que tu trouves le rythme juste de la marche, celui qui fait apparaître en toi le silence imperturbable, omniprésent.

Le fait de marcher dans le rythme de la paix profonde est une source de purification et de ressourcement.

La clé est qu’en cherchant le rythme juste, tu es obligé de t’observer tout en te concentrant sur le silence, l’immobilité, l’ouverture intérieure.

Sois attentif, car ton rythme ne doit pas simplement être personnel, il doit aussi être en accord avec tout ce qui t’entoure sur le chemin et avec la terre elle-même. Bien sûr, ce rythme vient en seconde position.

Être en harmonie avec ce qui t’entoure te procurera une force et une béatitude encore plus grandes. Marcher en ayant le silence et l’immobilité dans le mouvement comme but est une grande clé pour la paix. Le Christ dévoile la méthode lorsqu’il dit : « Le royaume de Dieu est semblable à une fixité dans le mouvement. » La fixité c’est le centre et le mouvement c’est la périphérie, la surface, les apparences. L’homme est la périphérie d’un centre qui réside dans la terre et qui confère la stabilité.

Lorsqu’un homme touche le centre de n’importe quoi, cela l’amène également vers son propre centre immuable.

L’observation silencieuse et détachée permet de quitter la périphérie pour l’expérience unitive du centre.

  1. La première étape est d’observer tous les mouvements de son corps lorsque l’on marche et de trouver les mouvements justes qui engendrent le rythme harmonieux. La fatigue quitte le corps qui se détend et entre dans le bien-être et la souplesse.
  2. Ensuite, il faut observer ses propres pensées, simplement en prendre conscience. Parfois la pensée peut être un fardeau beaucoup plus pesant qu’un gros sac à dos. C’est pourquoi il faut aussi adapter la pensée au rythme de la marche et la faire, elle aussi, entrer dans le mouvement et l’harmonie d’ensemble. Le corps souple, la pensée légère, tu verras apparaître en toi et autour des images et un état d’âme. Il t’entoure comme un tourbillon, une sphère de vie qui te coupe de l’expérience de rencontrer l’autre dans son centre et de prendre un réel contact avec la Terre-Mère. Lorsque tu parviendras à rendre consciente cette aura magnétique et à l’harmoniser avec le rythme et le but de la marche, alors tu peux faire l’expérience du silence conscient. Il ne te reste plus qu’à approfondir la marche en attendant dans le silence que la félicité se manifeste. C’est le signe que tes pieds ont enfin touché la Terre-Mère et son temple mystérieux.

Cette attente consciente dans le silence est le moment crucial, car c’est lui qui ouvre la porte de l’ensemencement.

L’ouverture des pieds est une étape capitale dans la vie d’un être humain.

Autrefois, cet état était naturel pour un grand nombre d’individus. Certaines cultures célébraient l’ouverture des pieds chez les jeunes par de grandes et belles cérémonies populaires qui donnaient une occasion de faire la fête ensemble et de célébrer les beautés de la vie.

Lorsque les pieds sont ouverts, l’homme ne perçoit plus la terre comme morte. À certains moments de l’année, il ressent une eau invisible qui monte du sol, entre dans ses jambes, pénétrant dans les centres de la sexualité, puis dans le plexus solaire, le cœur, la tête pour rejaillir au-dessus de lui. C’est le feu-eau de la Terre-Mère qui l’a traversé et a purifié son propre feu intérieur. À travers les jambes et notamment les genoux et les cuisses, c’est le moi extérieur, la superficie, qui est comme nettoyé et vidé de tout ce qui alourdit la vie et encombre le chemin. Lorsque la force de la terre remonte jusque dans les centres qui soutiennent la fonction de reproduire son espèce, c’est le temple intérieur de la terre qui apparaît. L’élève découvre le côté sacré et magique de la nature.

  1. À l’image des montagnes pour le cosmos, les pieds sont des antennes pour le côté physique de la vie. L’homme n’est en contact avec la matière que par ses pieds.
  2. Dans les genoux sont cachés deux centres qui confèrent à l’organisme sa sensibilité.
  3. Dans l’intérieur des cuisses, il y a pareillement deux centres qui déterminent l’intelligence future d’un être de par son aptitude à cultiver en lui l’aspiration à un idéal élevé. C’est dans les cuisses que sont élaborées les tendances idéalistes d’un individu.

Ces centres cachés dans les jambes sont déterminants pour la vie future et les autres incarnations.

Ainsi, un homme qui n’aura jamais plié les genoux devant la beauté, le grandiose ou pour une prière de remerciement et de gratitude verra sa prochaine existence physique dépourvue de noblesse et de sensibilité.